Abstracts

Aurora Savelli

Sul concetto di popolo : percorsi semantici e note storiografiche

Nei secoli dell'eta' moderna il lemma 'popolo' è riferibile ad accezioni molto diverse, tutte già presenti nella tradizione romana. Se in quest’ultima era comunque prevalsa l'idea di una collettivita' organizzata, in età moderna, attraverso le diverse edizioni del Vocabolario della Crusca, è possibile cogliere una deriva semantica che si conclude nell'identificazione del popolo con una indistinta moltitudine. Un analogo svilimento e' incoraggiato dalla diffusione dell'accezione amministrativa del lemma, che individua con ‘popolo’ la totalita' (indifferenziata) degli abitanti. Lo studio di alcune realta' urbane italiane d’Antico Regime (Roma, Bologna, Siena) suggerisce un percorso differente: la persistenza di un valore politico 'alto' del lemma, con riferimento a concrete forme di rappresentanza e di partecipazione alla vita della civitas.
  A l’époque moderne le mot « popolo » revêt des acceptions très différentes, toutes déjà présentes dans la tradition romaine. Si dans celle-ci avait prévalu l’idée d’une collectivité organisée, à l’époque moderne, à travers les différentes éditions du Vocabulaire de la Crusca, il est possible de repérer une dérive sémantique qui se conclut dans l’identification du peuple avec une multitude sans distinction. Cette réduction est encouragée par la diffusion de l’acception administrative du mot, qui considère le « peuple » comme la totalité (indifférenciée) des habitants. L’étude de quelques réalités urbaines de l’Ancien Régime (Rome, Bologne, Sienne) nous suggère un parcours différent : la permanence d’une valeur politique « élevée » du mot, en référence à des formes concrètes de représentation et de participation à la vie de la civitas.

Jean-Claude Zancarini

Les humeurs du corps politique. Le peuple et la plèbe chez Machiavel

La façon dont Machiavel emploie les mots peuple [popolo] et plèbe [plebe] met en lumière une nécessité mais aussi une difficulté théorique, dont la difficulté terminologique est un indice. La nécessité c’est celle de décrire le corps politique, de donner un nom à ses composantes et de penser de quelle façon on peut établir amitiés et alliances qui permettent à la cité de demeurer unie et stable. Cet article illustre le travail de conceptualisation mis en œuvre par Machiavel, dontla thèse des deux humeurs énoncée en Prince IX, 2 est un exemple, mais illustre aussi les apories des schémas interprétatifs machiavéliens face à la complexité sociale de la cité moderne.

Sandro Landi

Alcune considerazioni sulla « voce d’un popolo » in Machiavelli (Discorsi, I, 58)

Les langages politiques se définissent mieux dans les moments de tension et de concurrence. Le discours machiavélien constitue probablementl’un de ces lieux génétiques où le rapport entre les mots et les circonstances a changé. Les concepts sont l’indice, souvent involontaire, de changements qui intéressent le champs d’expérience collective. Cette étude essaye de montrer comment l’émergence d’un concept, celui de « opinione universale » (Discours, I, 58) peut être considéré comme le signe d’un nouveau regard que Machiavel porte sur l’expérience républicaine et, tout particulièrement, sur le corps social de la cité.

Pierre Girard

Peuple et politique dans la pensée de Vincenzo Cuoco

L'objectif de ce travail, qui se fonde principalement sur le Saggio storico sulla rivoluzione napoletana est avant toute chose de montrer à la fois l'importance de la notion de peuple dans la pensée de Cuoco, mais aussi son aspect ambigu et insaisissable. Cette double considération n'est pas contradictoire, mais met en avant l'aspect politique de la pensée de Cuoco, et notamment son lien avec la tradicton machiavélienne. La perspective politique, volontariste est ainsi précisément ce qui permet à Cuoco de dépasser l'opposition initiale entre un concept abstrait du peuple et les caractéristiques d'un peuple particulier. Le popolo n'est ni une notion qui s'impose à nous théoriquement sous la forme d'un concept, ni la somme de particularités régionales empiriques, mais il est la forme à construire, à former, notamment par l'éducation, d'une action politique future. 

Laura Fournier

Giosuè Carducci et le populisme risorgimental

Le poète Giosuè Carducci, figure éminente de l’Italie libérale, se servit des influences populistes européennes pour créer une image mythique et une véritable mythologie du peuple italien à travers les siècles. Il contribua à la définition du rôle du peuple dans l’histoire de la nation italienne, notamment dans la réalisation de l’Unité. Enfin il participa aux débats sur la question de la représentation politique du peuple, aussi bien au Parlement que sous la forme de partis politiques, comme celui des socialistes. Ses prises de position nous permettent de comprendre les contradictions et les limites de la classe intellectuelle de l’époque, marquée par le conservatisme et le paternalisme, au nom des principes patriotiques et de l’unité nationale.

Il poeta Giosuè Carducci, figura eminente dell’Italia liberale, utilizzò le influenze populiste europee per creare un’immagine mitica e una vera e propria mitologia del popolo italiano attraverso i secoli. Diede la sua contribuzione alla definizione del ruolo del popolo nella storia della nazione italiana, soprattutto nella realizzazione dell’Unità. Infine partecipò ai dibattiti sulla questione della rappresentanza politica del popolo, sia in Parlamento sia sotto la forma di partiti politici, come quello socialista. Le sue prese di posizione ci permettono di capire le contraddizioni e i limiti della classe intellettuale di quel periodo, segnata dal convervatorismo e dal paternalismo, in nome dei principi patriottici e dell’unità nazionale.

Antonio Bechelloni

Elites et masses chez les machiavéliens modernes

L’article essaye de rendre compte dela manière dont fascistes et antifascistes se sont situés, au fil du temps, par rapport à un corpus de catégories analytiques élaborées entre les dernières décennies du XIXè siècle et la première du XXe par trois auteurs dont deux, Gaetano Mosca et Vilfredo Pareto, sont italiens et le troisième, Roberto Michels, bien qu’allemand de naissance, peut avec fondement être considéré un italien d’adoption, les trois ayant été réunis en 1939 sous l’étiquette de modern machiavellians par James Burnham, l’auteur de The Managerial Revolution.L’article notamment tente de répondre à la question : quel usage fascistes et antifascistes, respectivement, ont fait des théories mises au point par Mosca, Pareto et Michels au sujet du fonctionnement des systèmes politiques et de la place respective des luttes pour le pouvoir des différents groupes d’un côté, et des rationalisations destinées à les légitimer, de l’autre ? On y verra que la théorie des élites, dans ses différentes articulations, fonctionne comme arsenal argumentaire à la fois pour justifier la dictature et pour dévoiler l’imposture de son discours

Eric Vial

Populisme et communisme, l’Union Populaire Italienne, une organisation de masse du PCI en exil (1937-1940)

L’article se propose d’étudier l’UPI (Union populaire italienne), née des fronts populaires et de la stratégie dite d’union du peuple italien, dont l’existence fut évidemment abrégée par le secnde guerre mondiale, mais qui fut l’organisation antifasciste italienne en exil en France rassemblant le plus grand nombre d’adhérents (officiellement de l’ordre de 40 000) et surtout, qui pourrait avoir été l’un des laboratoires de la stratégie du partito nuovo, sur une base que l’on peut qualifier de populiste, avec une insistance sur l’apolitisme, sur l’interclassisme, sur l’unité et la réconciliation nationales, sur les intérêts nationaux, bref sur l’italianité, d’où d’ailleurs des contradictions, des tensions avec l’antifascisme non communiste, souvent avec les militants communistes qui forment l’armature locale de l’organisation, et aussi d’autres aspectes du discours, qui est aussi, parallèlement , démocrate et moderniste. A travers cet exemple, on peut explorer certaines marges du populisme, dans une version de gauche, ce qui pourra sembler paradoxal, et en tout cas une version ancrée dans l’antifascisme et de la démocratie stricto sensu, d’où d’ailleurs les équilibres délicats et les débats externes comme internes.
 

 

Gennaro Maria Barbuto

Gentile, Machiavelli e lo stato etico di Campanella. Individuo e popolo negli archetipi della modernità politica italiana 

La réflexion de Giovanni Gentile sur les origines de la modernité politique est fondée sur la dichotomie entre individu et peuple, qu’il rencontre grâce à l’étude de deux penseurs de la Renaissance : Machiavel et Campanella. A cette époque, qui avec la période risorgimentale est au centre de la méditation historiographique de Gentile sur le caractère italien, s’est développé, d’après la reconstruction du philosophe sicilien, le caractère absolutiste de l’Etat, en théorie comme dans la pratique, émancipé de ses obstacles internes et de ses limitations externes

La riflessione gentiliana sulle origini della modernità politica fu imperniata sulla dicotomia fra individuo e popolo che egli attraversava mediante lo studio di due pensatori del Rinascimento: Machiavelli e Campanella. In questa età, che insieme a quella risorgimentale fu al centro della meditazione storiografica di Gentile sul carattere italiano, si era sviluppata, secondo la ricostruzione del filosofo siciliano, l’assolutezza dello Stato sia nella teoria che nella prassi, emancipato da remore interne e da vincoli esterni.

Gianfranco Borrelli

Attualità conservativa della « ragion di Stato » : il governo dei popoli tra crisi della decisione sovrana e razionalità governamentale

La reprise du débat autour de la raison d’Etat, à partir du milieu des années quatre-vingt, a rendue possible l’élaboration de nouvelles interprétations pour cette catégorie, qui fonctionne aux moments charnière de la culture politique occidentale. Ceci, on peut le supposer, est dû aux difficultés croissantes dans tous les pays où historiquement ont été exercés les efforts de la soi-disant raison politique moderne : l’extension des antagonismes sur plan mondial, et les problèmes dans la production du pouvoir politique qui ont fait surface dans le fonctionnement des Etats nationaux au cours du dernier siècle.

La ripresa del dibattito intorno alla ragion di Stato a partire dalla metà degli anni ottanta ha reso possibile la elaborazione di nuove interpretazioni per questa categoria che agisce negli snodi vitali della cultura politica occidentale. Ciò, si può ipotizzare, è dovuto alle difficoltà crescenti in tutti i paesi in cui storicamente si sono esercitati gli sforzi della cosiddetta ragione politica moderna: l’estensione degli antagonismi sul piano mondiale e le sofferenze della produzione di comando politico emerse nel funzionamento degli Stati nazionali durante l’ultimo secolo.

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