Odile Redon, avec Lucia Battaglia Ricci, Pietro G. Beltrami, Jacqueline Brunet, Allen G. Grieco, Les Langues de l’Italie médiévale, « L’Atelier du médiéviste, 8 », Turnhout (Belgique), Brepols, 2002, 412 p., 40 €.

Jean-Claude Zancarini

Ce livre est le huitième ouvrage de la collection « L’Atelier du médiéviste », dirigée Jacques Berlioz et Olivier Guyotjeannin. Cette collection se propose de faciliter l’apprentissage de ceux et celles qui se proposent de « rechercher, comprendre et exploiter » la documentation médiévale ; les spécialistes qui rédigent les ouvrages sont donc chargés de transmettre à leurs lecteurs « savoir, expérience, tours de main et secrets d’atelier ». Nul doute que ce programme soit pleinement réalisé dans ce livre, véritable introduction méthodique à la lecture des textes médiévaux rédigés dans les langues de l’Italie médiévale.

Les auteurs, spécialistes de l’histoire, de la littérature et de la philologie médiévales, présentent quatre-vingt-cinq textes, donnés en langue originale, traduits avec une grande précision, annotés et commentés avec érudition mais avec le souci permanent de la simplicité qui seule permet la compréhension du lecteur. Ces textes sont réunis en chapitres thématiques : écritures de l’histoire ; écritures du pouvoir ; écritures de la société ; écritures littéraires ; écritures des savoirs et des techniques. Il y a là une grande variété, puisque le lecteur peut aller de textes extraits de la Chronique de Giovanni Villani à la recette du pesce a cesame (il s’agit d’une escabèche de poisson à consommer froide !) en passant par des textes de Dante, Pétrarque ou Boccace, des lettres, des statuts et des traités. La majeure partie des textes présentés sont du XIIIe et du XIVe siècle mais certains sont plus anciens ; ainsi, l’un des textes présentés, sans doute le premier à avoir été écrit en langue vulgaire, remonte à 960 – il s’agit du « témoignage au plaid de Capoue », qui enregistre les déclarations devant un juge de trois témoins qui affirment que certaines terres appartiennent depuis trente ans au monastère de saint Benoît. Une introduction philologique donne les clés nécessaires pour situer ces textes dans l’histoire de la langue italienne ; un chapitre détaille les instruments de travail fondamentaux (livres mais aussi CD rom et sites internet). Il s’agit d’un instrument de travail remarquable qu’on ne peut que conseiller vivement à tous ceux et celles qui s’intéressent à la littérature et à l’histoire politique et sociale de l’Italie médiévale : c’est d’ailleurs sans aucun doute un des grands mérites de l’ouvrage que d’envisager en même temps l’ensemble de ces aspects.