Les résumés des articles


Stefano Andres

Au-delà du statut. La vengeance privée dans la littérature toscane des xiiie et xive siècles

Grâce à un réseau de normes accumulées au cours du temps, les statuts des plus importantes communes toscanes des xiiie et xive siècles réglementaient la vengeance privée comme un moyen de réparation des offenses, réservant à l’offensé ou à sa famille la faculté de punir par eux-mêmes le tort subi. Si l’on ne s’arrête pas aux normes statutaires et que l’on analyse les sources littéraires de l’époque, on voit cependant se dessiner des opinions et des jugements discordants au sujet de cette institution. Tantôt appréciée comme une forme parfaite de justice humaine, tantôt interprétée comme un devoir moral, mais aussi crainte pour ses effets imprévisibles, voire condamnée pour son immoralité, la vengeance privée a suscité, au cours de cette période, un violent affrontement idéologique entre des mythes d’origine chevaleresque, l’éthique chrétienne et des exigences de nature purement pratique.

Oltre lo statuto. La vendetta nella letteratura toscana del Due-Trecento

Gli statuti dei più importanti comuni toscani del Due-Trecento, attraverso un reticolo di norme alluvionali, disciplinavano la vendetta come mezzo di riparazione delle offese, riservando all’offeso ovvero ai suoi congiunti la facoltà di punire per proprio conto il torto subito. Andando oltre la normativa statutaria, analizzando le fonti letterarie coeve, emergono tuttavia impressioni e giudizi discordanti intorno a questo istituto. Ora apprezzata come perfetta forma di giustizia umana, ora interpretata come dovere morale ma anche temuta per i suoi effetti imprevedibili o addirittura vituperata per la sua immoralità, la vendetta fu nell’epoca in esame terreno di violento scontro ideologico tra miti di matrice cavalleresca, etica cristiana e istanze di carattere puramente pratico.

 

Pérette-Cécile Buffaria

La nécessité de la loi et le charme de la transgression. Les chassés-croisés d’Alberto Pisani et Carlo Dossi du code civil à la littérature

Carlo Dossi (1849-1909) est un protagoniste exemplaire des rapports entre le monde politique et la littérature. Son influence au ministère des Affaires étrangères est remarquable. Dans le domaine politique comme en littérature, c'est un innovateur tiraillé entre son désir de codification et son anticonformisme critique caractéristique. On retrouve les mêmes modalités dans son action administrative et dans son écriture littéraire ou intime. Carlo Dossi conjugue de manière originale la nécessité de la loi le charme de la transgression.

La necessità della legge e il fascino della trasgressione. Alberto Pisani e Carlo Dossi tra codice civile e letteratura

Carlo Dossi (1849-1909) è un esponente significativo del rapporto tra mondo politico e letteratura. L’influenza del suo operato al Ministero degli affari esteri è notevole. Nel campo politico come in quello della letteratura, egli è un innovatore dilaniato tra il suo desiderio di codificazione e il suo anticonformiso critico caratteristico. Le stesse modalità sono ricorrenti nel suo operato amministrativo e nella sua scrittura letteraria o intima. Carlo Dossi associa in modo originale necessità della legge e fascino della trasgressione.

 

Paolo Carta

Humanisme juridique du xxe siècle

L’article se propose d’illustrer les spécificités du mouvement Droit et littérature. Apparu comme domaine disciplinaire particulier dans le cadre des Schools of Law américaines des années soixante-dix, avec l’aspiration à limiter les excès du formalisme qui marquaient la réflexion juridique, ce mouvement entend ramener le juriste à une réflexion éthique conçue comme élément non négligeable du droit, en le poussant à penser davantage la justice y compris dans sa dimension d’équité. À la différence d’autres tentatives d’interdisciplinarité qui ont pu voir le jour dans les milieux juridiques (comme, par exemple, « l’analyse économique du droit »), tentatives qu’il entend accompagner sans s’y substituer, un tel mouvement considère la littérature comme une interprète authentique des besoins et des aspirations des individus aussi bien que de ceux des communautés. En tant que tel, il s’avère d’une utilité notable pour tout juriste qui ne se satisfait pas de son rôle de pur exégète de la volonté du pouvoir politique en place. Il ne peut échapper à l’historien que de semblables propositions appartiennent traditionnellement à l’humanisme qui a nourri, en des temps pas si lointains, les réflexions juridiques et politiques italiennes et européennes. Plus que réfléchir sur les relations entre le droit et la littérature comme l’un des ruisseaux de la rivière postmoderne du droit, il vaut donc la peine d’engager une étude pour comprendre comment en Italie une telle tradition a cessé de posséder une vitalité propre et, du même coup, a connu un lent déclin, ce qui ressort de la lecture précise de la très belle présentation historique de la Science juridique italienne par Paolo Grossi.

Umanesimo giuridico del ’900

Il saggio si propone di illustrare le peculiarità del movimento Diritto e letteratura. Sorto come ambito disciplinare autonomo nelle Schools of Law americane negli anni Settanta, con l’aspirazione di limitare l’eccesso formalistico cui era giunta la riflessione giuridica, il movimento di Diritto e letteratura intende riportare il giurista a considerare la riflessione etica quale elemento non trascurabile nel diritto, avvicinandolo a pensare sempre più alla giustizia anche nella sua dimensione equitativa. A differenza di altri tentativi di interidisciplinarietà sorti in ambito giuridico (ad esempio l’« analisi economica del diritto »), che intende affiancare ma non sostituire, tale movimento considera la letteratura un’interprete autentica dei bisogni e delle aspirazioni dei singoli, così come delle comunità e in quanto tale di straordinaria utilità per quel giurista non pago del ruolo di mero esegeta della volontà del potere politico in carica. Allo storico non può sfuggire come tali proposte appartengano tradizionalmente a quell’umanesimo di cui, ancora in tempi non remoti, si è nutrita la riflessione giuridica e politica italiana ed europea. Più che riflettere sulle relazioni tra diritto e letteratura in quanto rivolo del torrente post-moderno del diritto, varrà dunque la pena di avviare uno studio per comprendere quando in Italia tale tradizione ha cessato di possedere una sua vitalità e per ripercorrerne il suo lento declinare, come si evince dalla accurata lettura del bellissimo profilo storico della Scienza Giuridica Italiana di Paolo Grossi.

 

Maurizio Cau

Hans Kelsen et la théorie de l’État chez Dante

Dans le cadre des recherches menées sur les rapports entre le droit et la littérature, l’intérêt que la science du droit public a manifesté pour la culture et la tradition littéraires a été en partie négligé. Cet article se propose d’examiner le premier écrit du juriste autrichien Hans Kelsen, publié en 1905 et consacré à la théorie de l’État chez Dante. Ce travail, en grande partie négligé par la critique kelsenienne et considéré comme une simple œuvre de jeunesse sans signification particulière, contient des éléments du plus grand intérêt pour la compréhension des processus de formation de la théorie de Kelsen, dans la mesure où on y trouve déjà des développements et des tendances méthodologiques qui ne trouveront leur pleine mesure que dans les œuvres de la maturité du juriste autrichien. Derrière la tentative pour « exposer de manière systématique et d’un point de vue juridique […] la théorie générale de l’État du poète », on peut reconnaître un effort pour retrouver les sources d’une théorie juridique qui, bien que n’en étant qu’à ses débuts, commence à se profiler avec une certaine clarté. La lecture de Kelsen se caractérise par la reconstruction de l’idée d’État chez Dante à l’aide d’une conception entièrement moderne des théories de l’État. Elle manifeste, en attribuant plus particulièrement les caractères de « l’État de droit » à l’État universel de Dante, une projection d’éléments typiquement modernes sur la tradition du droit public médiéval, ainsi qu’une utilisation simplement fonctionnelle de la réflexion historico-juridique elle-même. Ainsi, du rigorisme logico-formel comme méthode privilégiée de la Staatslehre, en passant par la tentative pour édifier une communauté universelle comprise comme personnification de l’organisation juridique mondiale, on peut reconnaître une première énonciation timide de certaines des constructions théoriques et méthodologiques qui marqueront la réflexion du juriste autrichien.

Hans Kelsen e la teoria dello Stato in Dante

Nell’ambito delle ricerche condotte intorno ai rapporti tra diritto e letteratura, risulta in parte trascurata l’attenzione manifestata dalla scienza giuspubblicista nei riguardi della cultura e della tradizione letterarie. L’articolo prende in esame il primo scritto del giurista austriaco Hans Kelsen, pubblicato nel 1905 e dedicato alla teoria dello Stato in Dante Alighieri. Sostanzialmente trascurato dalla critica kelseniana e considerato un’opera giovanile poco significativa, tale lavoro contiene elementi di estremo interesse per la comprensione dei processi di formazione della teorica kelseniana, essendo in esso già sviluppate alcune delle matrici e delle tendenze metodologiche che troveranno piena espressione nella produzione matura del giurista austriaco. Dietro il tentativo di « esporre sistematicamente dal punto di vista giuridico […] la dottrina generale dello Stato secondo il Poeta », si riconosce lo sforzo di rinvenire le basi autoritative di una teoria giuridica che, seppur ai suoi inizi, comincia a delinearsi con una certa chiarezza. La lettura kelseniana è caratterizzata dalla ricostruzione dell’idea dantesca di Stato attraverso una concezione tutta moderna della statualità e palesa, in particolare attraverso l’attribuzione allo Stato universale dantesco dei caratteri dello « Stato di diritto », una proiezione di elementi tipicamente moderni sulla tradizione giuspolitica medievale e un utilizzo in chiave funzionale della stessa riflessione storico-giuridica. Dal rigorismo logico-formale come metodo privilegiato della Staatslehre al tentativo di edificazione di una comunità universale intesa come personificazione dell’ordinamento giuridico mondiale, alcune delle costruzioni teoriche e metodologiche che segneranno la riflessione del giurista austriaco sono qui riconoscibili nelle loro prime timide enunciazioni.

 

Stéphanie Lanfranchi

La réception de Foscolo dans l’Italie fasciste

L’article analyse la réception de l’œuvre d’Ugo Foscolo et son évolution durant les années 1920 et 1930 en étudiant d’abord les critiques littéraires proches du régime fasciste. Tout en revendiquant une continuité avec la tradition critique du xixe siècle, ces critiques présentent des caractéristiques spécifiques, liées à un dessein plus général de réécriture de l’histoire littéraire italienne. Foscolo est présenté comme un héraut de l’italianité, dont la lecture est censée renforcer la conscience et l’orgueil de l’identité nationale, mais aussi, de plus en plus, comme un précurseur de multiples aspects de l’idéologie fasciste. À cette critique engagée dans un projet de légitimation historique du fascisme par le recours à des précurseurs supposés, s’oppose ensuite une nouvelle génération de foscolistes hostiles ou indifférents au régime qui, en affirmant l’autonomie et la primauté de l’art dans le texte littéraire, contestent le parti pris de ces lectures et donnent lieu à une polémique dont les enjeux ne sont pas que littéraires.

La ricezione di Foscolo nell’Italia fascista

L’articolo analizza l’evoluzione percepibile nella ricezione dell’opera di Ugo Foscolo durante gli anni 1920 e 1930, studiando dapprima i testi dei critici letterari simpatizzanti per il regime fascista. Pur rivendicando una continuità con la tradizione critica dell’Ottocento, essi assumono caratteri peculiari, legati ad un progetto più generale di riscrittura della storia letteraria italiana. Foscolo viene presentato quale un araldo dell’italianità, la cui lettura dovrebbe rafforzare la coscienza e l’orgoglio dell’identità nazionale, ma anche quale un precursore di vari aspetti dell’ideologia fascista. A questa critica, che mira alla legittimazione storica del fascismo tramite il ricorso a presunti precursori, è poi opposta una nuova generazione di foscolisti ostili o indifferenti al regime che, nell’affermare l’autonomia e il primato dell’arte nel testo letterario, contestano il partito preso dalle letture fasciste e suscitano una polemica che oltrepassa la sfera strettamente letteraria.

 

Giuliano Marchetto

Lieux littéraires et argumentation juridique dans la Sylva nuptialis de Giovanni Nevizzano d’Asti (1518)

Le rapport étroit entre droit et littérature au début de l’époque moderne, en particulier dans l’œuvre du jurisconsulte piémontais Giovanni Nevizzano d’Asti, trouve sa raison d’être dans le lien qui existe entre la jurisprudence, l’éthique et les artes sermocinales. Le rôle de « guide moral » que le juriste s’arroge et l’affirmation du caractère de vera philosophia attribué à la science juridique favorisent l’intérêt du doctor iuris envers les autres branches du savoir, parmi lesquelles la littérature occupe une place considérable. Les œuvres littéraires, comme les œuvres philosophiques, sont donc une part indissociable et nécessaire de l’éducation et de la formation des juristes qui, au début du xvie siècle, veulent continuer à jouer un rôle de premier plan dans la vie de la cité et refusent d’être réduits à de simples interprètes de la norme imposée par le pouvoir politique.

Luoghi letterari e argomentazione giuridica nella Sylva nuptialis di Giovanni Nevizzano d'Asti (1518)

Lo stretto rapporto tra diritto e letteratura nella prima età moderna, e in particolare nell’opera del giureconsulto piemontese Giovanni Nevizzano d’Asti, trova la sua ragion d’essere nel persistente legame della giurisprudenza con l’etica e con le artes sermocinales. Il ruolo di « guida morale » che il giurista si arroga e l’affermazione del carattere di vera philosophia attribuito alla scienza giuridica favoriscono l’interesse del doctor iuris verso gli altri rami del sapere, tra i quali un posto rilevante è occupato dalla letteratura. Le opere letterarie, così come quelle filosofiche, risultano pertanto essere parte integrante e necessaria dell’educazione e della formazione del giurista che, nel primo Cinquecento, voglia continuare a svolgere un ruolo di primo piano nella vita civile e rifiuti di ridursi a mero interprete della norma posta dal potere politico.

 

Andrea Marchisello

Un patrimoine culturel partagé : mots, discours, interprétations entre droit et littérature (à propos du Colloque international Il Diritto patrimoniale nella letteratura del Rinascimento, Vérone, 8-10 mai 2003)

L’article prend appui sur le Colloque international Il Diritto patrimoniale nella letteratura del Rinascimento, qui s’est tenu à Vérone au mois de mai 2003. Il présente d’une part une synthèse des communications des intervenants (spécialistes des littératures italienne, espagnole, française, anglaise et latine, historiens du droit, juristes de droit positif et représentants du Law and Literature Movement anglo-saxon), et met en évidence leurs différentes utilisations du binôme Droit et littérature dans l’histoire de la Renaissance, et les directions de recherche qui ont prévalu. D’autre part, l’article résume et examine les thèmes principaux de la pensée de l’un des fondateurs de ce mouvement, Richard H. Weisberg, tels qu’il les a exposés lors du colloque ainsi que dans ses principaux ouvrages (The Failure of the Word. The Lawyer as Protagonist in Modern Fiction et Vichy Law and the Holocaust in France). Les problématiques de Weisberg sont étudiées et discutées suivant la méthode du comparatisme historique.

Un patrimonio condiviso : qualche considerazione su Diritto e letteratura (a proposito di Il Diritto patrimoniale nella letteratura del Rinascimento ‑ Convegno internazionale di studi ‑ Verona, 8-10 maggio 2003)

L’articolo prende le mosse dal Convegno internazionale dal titoloIl Diritto patrimoniale nella letteratura del Rinascimento tenutosi a Verona nel maggio del 2003. Per un verso, esso offre una sintesi dei contributi dei relatori (studiosi della letteratura italiana, spagnola, francese, inglese e latina, storici del diritto, giuristi di diritto positivo ed esponenti del Law and Literature Movement anglosassone), evidenziando come il binomio Diritto e letteratura nella storia del Rinascimento sia stato da essi declinato e quali filoni di indagine siano quindi risultati preminenti. Per altro verso, l’articolo riassume ed esamina i motivi centrali del pensiero di uno dei fondatori di quel movimento, Richard H. Weisberg, così come esposti sia nella « Lecture » tenuta al convegno sia nelle sue più rilevanti monografie (The Failure of the Word. The Lawyer as Protagonist in Modern Fiction e Vichy Law and the Holocaust in France), problematizzandone alcuni assunti principalmente attraverso l’ausilio della comparazione storica.

 

Diego Quaglioni

La Vierge et le diable. Littérature et droit, littérature comme droit

Si l’on comprend facilement que le phénomène juridique puisse se refléter clairement dans le miroir de la littérature (Law in Literature) et s’il est en quelque sorte acceptable que le droit lui-même appartienne aux formes littéraires (Law as Literature), l’idée que le droit puisse être l’espace et le lieu où s’insère et s’intègre la littérature, qu’il soit en somme le miroir d’une expérience littéraire qui prétend exercer une force éminemment normative, ne semble pas aussi compréhensible et encore moins acceptable. Il est encore plus remarquable que les œuvres littéraires du Moyen Âge soient exclues de tous les exemples auxquels on recourt spontanément. Pourtant, si l’on y regarde bien, non seulement la dimension coutumière et législative du droit se reflète dans l’espace littéraire de la culture médiévale, mais le Moyen Âge juridique lui-même, dans son altérité radicale vis-à-vis des paradigmes de la modernité et de leur sèche contraction du juridique dans le normatif, englobe et assimile l’espace littéraire dans le système des auctoritates morales, dont le droit se nourrit comme d’une science pratique par excellence. La trame doctrinale du droit médiéval est ainsi révélatrice d’une ouverture vers ce que l’on peut désigner – dans le seul cadre d’une conception pleinement moderne du droit comme un ordre normatif coercitif, entièrement positivisé et réduisant la science même du droit à un savoir technique élaborateur d’un objet préconstitué et extérieur (le code) – comme des sources « extra-juridiques ».

La Vergine e il diavolo. Letteratura e diritto, letteratura come diritto

Se è facilmente comprensibile che il fenomeno giuridico possa riflettersi con chiarezza nello specchio della letteratura (Law in Literature) ed è in qualche misura accettabile che il diritto stesso appartenga alle forme letterarie (Law as Literature), non sembra altrettanto comprensibile e tanto meno accettabile l’idea che il diritto possa essere lo spazio e il luogo in cui s’inserisce e si integra la letteratura, insomma lo specchio di un’esperienza letteraria che pretende ad una sua forza eminentemente normativa. Ed è ancor più rimarchevole che dall’esemplificazione delle esperienze cui il pensiero corre spontaneamente siano escluse le opere letterarie del Medioevo. Eppure, a ben vedere, non solo nello spazio letterario della civiltà medievale si riflette la dimensione consuetudinaria e pluriordinamentale del diritto, ma il Medioevo giuridico stesso, nella sua radicale alterità rispetto ai paradigmi della modernità e alla loro secca contrazione del giuridico nel normativo, ingloba ed assimila lo spazio letterario nel sistema delle auctoritates morali, del quale il diritto si sostanzia come scienza pratica per eccellenza. La tessitura dottrinale del diritto medievale è in tal senso rivelatrice di un’apertura a quelle che solo in una concezione pienamente moderna del diritto come ordine normativo coattivo, interamente positivizzato e riduttore della stessa scienza del giurista a sapere tecnico elaboratore di un oggetto precostituito ed esterno (il codice) possono essere indicate come fonti « extragiuridiche ».

 

Luca Sartorello

L’« urna sanza fondo » machiavélienne et l’« origine » de la politique

Partant de la lecture du chapitre machiavélien Dell’Ambizione proposée par Gennaro Sasso, et plus particulièrement de la thèse du pessimisme anthropologique qui ressort de son étude, l’auteur reprend ce texte de Machiavel afin d’avancer l’hypothèse suivant laquelle la pensée politique du secrétaire florentin n’a pas son origine dans une anthropologie négative mais dans une véritable théorie du désir. Le désir machiavélien, suivant la définition thomiste, se présente comme un mouvement lié à la vie elle-même et n’a pas, de par son statut, de limites à l’intérieur des frontières de la vie. Les idéaux de temperanza et de medietas, encore présents dans la pensée politique des humanistes, laissent la place chez Machiavel à une notion originale d’« intervalle » qui devrait cependant être créé avec le concours du traditionnel patrimoine de sapienza civile.

L’« urna sanza fondo » machiavelliana e l’« origine » della politica

Partendo dalla lettura del capitolo machiavelliano Dell’Ambizione proposta da Gennaro Sasso e segnatamente dalla tesi del pessimismo antropologico che emerge da quello studio, l’autore assume il medesimo luogo machiavelliano per avanzare l’ipotesi che all’origine del pensiero politico di Machiavelli non vi sia un’antropologia negativa, ma una vera e propria teoria del desiderio. Il desiderare machiavelliano, sulla scorta della definizione tomista, si configura come un movimento congiunto alla vita stessa, e non ha, per suo statuto, all’interno dei confini di questa, limiti. Gli ideali di temperanza e medietas ancora presenti nel pensiero politico degli umanisti lasciano il posto, in Machiavelli, ad una originale nozione di « intervallo » alla creazione del quale, tuttavia, dovrebbe concorrere il tradizionale patrimonio di sapienza civile.

 

Stefania Stoffella, Charlotte Winckler

Le procès de Paolo Orgiano : lectures historiques, juridiques, littéraires

L’article rend compte des riches contributions présentées le 6 avril 2004 à l’Istituto storico italo-germanico de Trente, au cours de la journée consacrée à la présentation du volume dirigé par Claudio Povolo (avec la collaboration de Claudia Andreato, Valentina Cesco et Michelangelo Marcarelli), dans lequel sont publiés les actes du procès pour tyrannie intenté au début du xviie siècle contre Paolo Orgiano : Il Processo a Paolo Orgiano (1605-1607), Rome, Viella (Fonti per la storia della Terraferma veneta, 19), 2003. Les lectures historiques, juridiques et littéraires faites en marge du bel ouvrage de Claudio Povolo font entrevoir de nouveaux parcours de recherche et invitent à réfléchir sur les nombreuses questions que suscite le document, caractérisé par l’intensité des implications littéraires et juridiques. Ce sont plus particulièrement les relations entre droit et littérature que cet ouvrage, ainsi que le vif débat qui a suivi sa représentation, ont invité à repenser.

Il processo a Paolo Orgiano : letture storiche, giuridiche, letterarie

La cronaca dà conto dei ricchi contributi presentati durante la giornata di studio tenutasi a Trento il 6 aprile 2004, presso l’Istituto storico italo-germanico, dedicata alla presentazione del libro curato da Claudio Povolo (con la collaborazione di Claudia Andreato, Valentina Cesco e Michelangelo Marcarelli) : Il Processo a Paolo Orgiano (1605-1607), Roma, Viella (Fonti per la storia della Terraferma veneta, 19), 2003. Le letture storiche, giuridiche e letterarie, a margine del bel volume di Povolo, stimolano nuovi percorsi di ricerca e invitano a riflettere su numerosi problemi che scaturiscono dal documento, caratterizzato dall’intensità delle implicazioni letterarie e da suggestioni per questioni giuridiche. In particolare, i lavori e il vivace dibattito che ne è seguito, offrono la possibilità di ripensare al rapporto tra diritto e letteratura.

 

Xavier Tabet

La vision de l’histoire de Venise par les libéraux français de la Restauration : un article d’Adolphe Thiers, en 1823, sur l’Histoire de la république de Venise (1819) de Pierre Daru

L'Histoire de la république de Venise (1819, en sept volumes) de Pierre Daru (1767-1829) fut pendant des décennies le seul ouvrage de cette importance en Europe, et il obtint dès sa parution un réel succès auprès du public, au point d'être réédité deux fois du vivant de Daru. Au xixe siècle, la vision que l’Europe a eu du passé de Venise s’est construite pour partie à travers sa lecture. La lecture de l’ouvrage de Daru par Adolphe Thiers en 1823, l’année même où il commence à publier son Histoire de la Révolution française, est emblématique de la vision du passé et des traditions politiques de Venise qu’auront les libéraux français sous la Restauration. La critique du modèle vénitien a alors pour principal objet de poser les bases d'une conception libérale et constitutionnelle de la monarchie, à une époque où les libéraux et les ultras s’affrontent à propos de l’interprétation à donner à la Charte de 1814.

La rappresentazione della storia veneziana da parte dei liberali francesi della Restaurazione : un articolo di Adolphe Thiers, nel 1823, sulla Histoire de la république de Venise (1819) di Pierre Daru

L’opera di Pierre Daru, Histoire de la République de Venise (1819, sette volumi) è stata durante decenni l’unica ad essere così importante in Europa. Ottenne, sin dalla pubblicazione, un grande successo di pubblico, al punto di essere ripubblicata ben due volte durante la vita di Daru. Nell’Ottocento, la visione che l’Europa ha avuto del passato di Venezia si è costruita in parte attraverso questo libro. La lettura dell’opera di Daru fatta da Adolphe Thiers nel 1823, anno in cui comincia a pubblicare la sua Histoire de la Révolution française, è emblematica della visione del passato e delle tradizioni politiche di Venezia che avranno i liberali francesi durante la Restaurazione. La critica del modello veneziano serve allora a fondare una concezione liberale e costituzionale della monarchia, in un’epoca in cui liberali e reazionari si oppongono a proposito dell’interpretazione da dare alla costituzione francese, la Charte del 1814.